Génération 2.0De l’innovation à tous points de vue rendent la ligne de caisse toujours plus adaptée aux besoins des clients mais aussi à ceux de l’hôtesse de caisse. Meubles, TPV, TPE, douchettes, imprimantes, terminaux self check-out et self scanning suivent le mouvement.

Le meuble de caisse, très normé à la base, ne connaît que peu d’évolutions. Il se compose traditionnellement de trois parties : le tapis avant avec les cellules de sécurité, le poste de travail avec le scanner, la boîte monnaie, l’imprimante de ticket client et de facturette et la partie arrière accessible au client. Pour autant, le poste de travail intègre de plus en plus de contraintes dont la prise en compte des troubles musculo-squelettiques, la taille des matériels (écrans et autres périphériques) intégrés au meuble, le support pour les affichages obligatoires et les sacs. À noter : le nombre de caisses se réduit face au développement du self check-out et du libre-service avec le self-scanning. Il faut donc adapter au goût du jour ce poste de travail jusque-là immuable.“La liberté de conception ainsi que la valeur ajoutée des constructeurs de meubles résident, certainement, dans la conception des périphériques, la créativité et l’apport d’ergonomie”, intervient Xavier Nicolas, product manager Rasec Retail. C’est sur ces points que travaillent ARM et Rasec Retail, les deux grands acteurs principaux, Fortelezza-Alser et Arredamenti Cefla, leurs challengers. Et les axes de travail ne manquent pas. Outre l’ergonomie, de multiples détails sont à penser : intégration de la borne anti vol à la caisse, réorganisation de la zone de tête de gondole dont on sait qu’elle est source de revenus croustillants, etc.
Pour sa part, Rasec Retail, en partenariat avec Wincor Nixdorf, propose la solution de caisse traditionnelle Rasec Hynova pensée pour se transformer en caisse libre-service, selon les besoins du magasin. De plus, ce poste tournant prend en charge la gestion automatisée des espèces. Rasec Hynova vient d’être retenue pour étude par l’un des trois principaux distributeurs.

TPV : robustes et évolutifs
En principales contraintes sur le marché des terminaux points de vente, “la qualité et la robustesse des matériels”, précise tout de go Benoit Dupuit, directeur général de FEC France. Moins visible, mais toute aussi importante, la matière dont est conçu le matériel peut également avoir une grande importance sur la diffusion de la chaleur des appareils électroniques et donc leur durée de vie. Il faut également composer avec la recherche d’ergonomie et chaque activité connaît ses propres besoins : qu’il s’agisse, par exemple, de systèmes d’encaissement en hauteur pour les personnes travaillant debout, d’éléments compacts et stainless pour les boulangeries, ou encore de matériels verticaux pour des raisons de sécurité dans certains autres commerces, les constructeurs doivent s’adapter à toutes les exigences. Après seulement arrivent le design, la finition des produits, les coloris… Sur ce marché interviennent de nombreux acteurs tels que FEC, Cash Systèmes Industrie, A+ Système Automation, IBM, Janipos, Wincor Nixdorf ou encore Toshiba Tec…
En tendance, l’abandon progressif des appareils modulaires vers des ensembles intégrés, plus simples et plus faciles à maintenir de par leur accès facilité en cas de problème matériel. Autre point, “avoir accès à beaucoup plus de pouvoirs de maintenance”, souligne Benoit Dupuit. C’est-à-dire réaliser un diagnostic de panne très rapidement, voire à distance, en tenant compte des alertes émises par l’appareil. Ceci pour limiter les frais de maintenance, en même temps que le blocage des caisses. Enfin, difficile de ne pas parler de mobilité tant il est désormais question d’autres matériels comme les PDA, les kiosques ou tablettes dont les principaux avantages sont de faire gagner du temps au client tout en lui proposant l’information qu’il recherche. “Tous ces systèmes vont se développer mais cohabiter avec les lignes de caisses traditionnelles. Il y aura toujours des exemples et des contre-exemples pour cette bataille rangée. Pour moi, l’idée est de pouvoir s’interfacer avec de plus en plus de matériels pour offrir un maximum de choix aux clients”, prédit-il. À ce propos, FEC proposera prochainement une nouvelle génération de système unifié, Gladius Smart, mais paradoxalement rendu plus modulaire afin, notamment, de dissocier la connectique qui pourra donc évoluer à tout moment, sans révolution notable sur l’ensemble du système.

Douchettes de caisses 1 et 2D
La tendance majeure de ce marché qui compte de nombreux acteurs tels que Motorola, Honeywell, Intermec ou Datalogic, entre autres, est assurément la lecture 2D. Déjà largement pratiquée dans la pharmacie, elle arrive peu à peu dans la grande distribution alimentaire et sera certainement développée via le couponing, déjà utilisé dans plusieurs enseignes textiles. De plus en plus de codes à barres sont, en effet, désormais dématérialisés (journaux) et beaucoup d’enseignes sont d’ores et déjà équipées et en mesure de lire les cartes de fidélité dématérialisées sur smartphones. “Outre la dématérialisation des offres promotionnelles et marketing, il ne faut pas oublier les critères de la grande distribution quant à la résistance aux chocs et la fiabilité des matériels, véritables outils de production”, rappellent Bertrand Chambellan, commercial grande distribution alimentaire et Astrid Kechichian, responsable marketing de Datalogic, devenu depuis peu ADC (Automatic Data Capture). Dans cet esprit, le constructeur commercialise le spot vert qui fournit une confirmation lumineuse au moment du scan du produit, en plus du bip sonore. Dans la distribution non alimentaire, Datalogic propose également une fréquence radio propriétaire ne provoquant pas d’interférences avec les autres matériels nécessitant la radio fréquence. De même, les solutions du constructeur comportent une mémoire permettant la réalisation d’opérations simples comme la fourniture d’informations produits ou des mini-inventaires.

Des imprimantes plus vertes
Sur le front des imprimantes et pour suivre l’air du temps, deux tendances majeures écologiques sont à constater, là où il n’y a que quelques années, les entreprises ne se préoccupaient que de la vitesse d’impression et les performances des appareils. La première, la réduction de papier, “de 30 % chez Epson, sans changer d’application” indique Thierry Rohart, chef de marché retail d’Epson. Un élément qui fait mouche dans la grande distribution alimentaire particulièrement consommatrice de papier et détentrice de parc de machines important. Autre élément tout aussi écologiquement correct, la réduction de la consommation d’énergie. “Quand vous faites le calcul de consommation d’énergie, les 90 % de consommation électrique de ces périphériques provient du mode attente. Quant à elle, une impression de tickets est très rapide et ne représente donc qu’un pic de consommation estimée à 10 % de la consommation totale sachant qu’une imprimante ne s’éteint jamais”précise notre interlocuteur. Entrées dans la démarche de réduction d’énergie, les enseignes n’hésitent désormais plus à attaquer les postes de dépense d’énergie les plus importants mais aussi à entrer dans le détail de leur consommation globale. Autre tendance, la gestion de la fidélité client. Les imprimantes émettent des coupons de réduction au moment du règlement des achats, lesquels sont proposés en couleur chez Epson.“L’impact couleur est très fort sur les clients et permet d’augmenter le retour de coupons de réduction en magasin ainsi que le panier, et en bout de course, la fidélisation” développe notre interlocuteur. Le couponing très en vogue dans la grande distribution alimentaire, se déploie actuellement chez les enseignes spécialisées. Les matériels des constructeurs
d’aujourd’hui (Epson, A Plus Système Automation, Cash Systèmes Industrie, IBM, Laser Symag, NCR, Tibco retail, Toshiba Tec par exemple) répondent désormais aux contraintes d’utilisation par rapport au déploiement et à l’installation de telles solutions : réplication d’une configuration spécifique (logos) sur un nouveau matériel, maintenance facilitée pour réduire les coûts de maintenance, utilitaires fournis aux hot-lines pour diagnostiquer les problèmes à distance, etc.

Libre-service : SCO et self-scanning
À la marge des caisses traditionnelles, se sont développés de nouveaux systèmes d’encaissement libre service, les terminaux self check-out ainsi que le mobile shopping ou self scanning. “La difficulté étant aujourd’hui de trouver le bon équilibre entre les trois sachant que désormais nous touchons le commerce de proximité et spécialisé. Nous avons revu notre gamme de solutions pour proposer des SCO plus compacts s’adaptant aux contraintes de petites surfaces” note Laurent Houitte, directeur marketing de Wincor Nixdorf. Sur le plan des SCO, bien implantés dans les super et hypermarchés, la tendance va également vers l’intégration du paiement sans contact, des cartes de fidélités et des coupons de réduction dématérialisés, ainsi que des codes à barres 2D sur smartphones.
La mobilité n’est pas en reste et des postes d’assistant mobile pourraient permettre à l’hôtesse de caisse de superviser les ilots de SCO. IBM, NCR, Motorola, Toshiba, Cefla, HMY Group, etc. sont également les acteurs du marché.

Article rédigé par Sylvie Druart du magazine Point de vente www.pointdevente.fr